Le billet de décembre 08

Lorsque GéGé préparait son carburant.

 

Vous le savez maintenant, puisque je vous en ai déjà parlé dans le billet de novembre, dans les années 50, je pratiquais déjà le modélisme. J’ai eu la chance d’avoir un oncle qui était modéliste et qui m’avait offert deux moteurs que l’on baptisait diesel et qui étaient en réalité des moteurs sans bougie dont l’allumage se faisait par compression.

 Le carburant utilisé était alors de fabrication maison et mon oncle m’avait communiqué la recette. Je vous la livre gratuitement 1/3 pétrole + 1/3 huile de ricin +  1/3 d’éther. Bien mélanger le tout dans un bidon et voilà le carburant de l’époque. Ca fonctionnait  et fonctionne toujours du tonnerre de Dieu !

Me voilà donc un jour de congé partis à vélo, dans le village voisin, pour acheter ces précieux liquides à la droguerie afin de réaliser environ un litre de carburant.

Pas de problème pour obtenir l’huile et le pétrole mais le droguiste m’explique que, pour vendre l’éther, il n’a pas l’autorisation nécessaire et que je dois me rendre à la pharmacie. Par chance, la pharmacie est à deux pas. Me voilà donc devant le pharmacien qui regarde ce gamin d’un air soupçonneux, qui désire savoir ce que je veux faire avec l’éther et qui finalement me dit : « jeune homme….., lorsque tu me présenteras une autorisation écrite et signée de tes parents je te vendrais de l’éther mais pas avant ! ».

 Un peu déçu je rentre à la maison et, une semaine plus tard, je me retrouve avec mon autorisation devant le pharmacien, toujours aussi soupçonneux et qui ne croit pas un mot de ce que je lui raconte. Il me vend finalement mes 3 décilitres d’éther avec toutes les recommandations d’usage, que je n’entends bien sûr que d’une oreille dans la pharmacie, et que j’ai complètement oubliées une fois franchis le pas de porte de celle-ci.

 Je rentre tout fier et heureux à la maison et, après le repas de midi, comme il pleut à verse, je m’installe dans la cuisine de notre appartement pour réaliser le mélange. Tout se passe bien pour mélanger 3dl d’huile de ricin à 3 dl de pétrole.

 Ou cela se gâte c’est lorsque j’ouvre la bouteille d’éther et que j’ajoute celle-ci au mélange. Après moins d’une minute, ma mère, qui ne savais pas ce que j’étais en train de faire, m’a vu sortir en titubant et blanc comme neige à la limite de la perte de connaissance.

 J’ai subitement mieux compris la réticence du pharmacien et ses recommandations me revenaient subitement en mémoire. Trop tard !!! J’ai donc été malade à vomir mon repas et je suis resté alité le reste de la journée complètement dans le cirage ! La fois suivante, je vous assure que j’ai fais mon mélange en plein air et avec beaucoup de précautions.

 Il n’en reste pas moins que depuis ce jour là j’ai une hyper sensibilité à l’éther et qu’il suffit pour moi d’en voire une bouteille pour que je me sente mal. Heureusement que depuis ce temps la le carburant à changé, que sa composition est totalement différente et ne comporte plus trace d’éther.

Cette photo date de 1958. J'avais 11 ans et mon frère, 8ans, tient ici mon premier modèle de vol libre à moteur. C'est pour ce moteur que je préparais moi même le carburant il y à tout juste 50 ans cette année !.

Le vol libre en hiver était une bonne période puisque le lac, que l'on distingue en arrière fond, était entièrement gelé ce qui donnait une piste de vol 9km de long sur 1km de large.