Une campagne aseptisée et insonorisée.
Jusqu’à une période pas si lointaine, la campagne était relativement épargnée par ce que j’appellerais la manie de l’aseptisation et de l’insonorisation.
Les habitants y vivaient heureux et sans trop de problèmes, jusqu’au jour ou, beaucoup trop de personnes avides de nouvelles découvertes et de sois disant retour à des choses simples, ont débarqués, souvent depuis la ville, envahissant progressivement cette campagne avec une nature si accueillante à leurs yeux.
Lorsque ces derniers ont souhaités s'intéger et véritablement vivre pleinement l’expérience de la campagne les choses se sont rapidement gâtées.
En buvant le lait et en mangeant les fromages que nous dégustions tous les jours depuis notre plus tendre enfance, beaucoup ont été malades. Résultat, après quelques années, sous prétexte de listériose et autres maladies il devient difficile de nos jours de trouver du lait cru ailleurs que chez un paysan et les fromages sont fabriqués au lait thermisé. Les campagnards eux n'étaient pourtant pas malades en buvant ce lait cru et en dégustant les fromages fabriqués avec !
En voulant boire à la fontaine du village ou nous nous désaltérions depuis toujours, voilà encore certains de ces nouveaux venus qui tombent malade. Décidément bien fragiles ces citadins ! Rapport du médecin, enquête et voilà les ennuis qui commencent !
Résultat : Vous ne trouverez pratiquement plus de fontaines sans le traditionnel petit écriteau « Eau non potable » Alors que nous pouvons continuer sans problème à boire de cette eau.
Depuis ma plus tendre enfance, j’aimais me laisser bercer par le son des cloches des vaches le soir venu lorsque j’étais dans mon lit. Depuis l’arrivée des citadins et leurs interventions auprès de la mairie tout cela est terminé. Même que les clochers des villages doivent rester muets dès 21h00 le soir afin ne pas troubler la quiétude de nos hôtes.
Dans un village de ma région, un coq qui, comme il l’avait appris dans les livres, se croyait malin de chanter aux aurores à vite compris que les choses avaient changés. Il passé de vie à trépas sur plainte du voisinage. Souvent, et pour les mêmes raisons, les bassecours disparaissent une à une et bientôt nos petits enfants découvriront les animaux de la ferme naturalisés dans un musée.
C'est tout de même incroyable, on en arrive à détruire les nids d'hirondelles sous prétexte qu'elles salissent le sol de leurs déjections, les agriculteurs se font insulter parce que le lisier sent la merde, les enfants font trop de bruit dans les cours d'école et les places de jeux, les bûcherons sont trop bruyants, les corbeaux et les corneilles ont un cri désagréable, etc....etc...
Nous vivons donc dans un monde de plus en plus aseptisé ou plus personne n’est immunisé naturellement contre beaucoup de germes, de microbes ou de virus et ou on ne sait plus faire la différence entre un bruit et un son naturel. Même le chant des rivières et des ruisseaux n’est plus toléré. Qu’un renard se mette à glapir au clair de lune et voilà le garde chasse informé que la prolifération du renard devient un véritable danger pour le sommeil et la sécurité de la population.
C’est bien regrettable ! Que ce manque de tolérance de quelques personnes trouve gain de cause auprès des autorités et influence petit à petit la vie d’une région entière m’indispose fortement.
Et puis, tout à fait entre nous, mais n’allez surtout pas le répéter, les plus intolérants sont souvent ceux qui passeront des heures le samedi à tondre leur gazon avec une machine si bruyante qu’elle em….. tout le voisinage. Le soir venu, vous les retrouverez en disco, et hop, plus de 100 décibels dans les oreilles ! Finalement, le dimanche venu ils iront arpenter les chemins forestiers au volant de leur gros 4x4 à la recherche de…………. la tranquillité !! Et n'allez surtout pas allumer un petit feu pour griller vos saucisses, celà va les iriter sous prétexte que la loi interdit maintenant de faire du feu en forêt.
A propos d'interdiction, sachez encore que je ne sais quels illustres "bobets" ** le cul rivé sur leurs chaises de bureau et qui n'ont certainement jamais mis les pieds dans nos forêts n'ont rien trouvés de mieux pour s'occuper que de promulguer une nouvelle loi interdisant toute circulation sur les routes forestières de ma région.
Que faire ? Il serait parfois cruel de dire aux intéressés ce que l’on pense d’eux avait dit je ne sais plus qui. Et bien moi je vais toutefois m’y risquer.
« Mesdames, Messieurs qui cherchez à révolutionner le monde campagnard, vous n’êtes qu’une bande de rigolos. Sachez bien que nous ne vous avons pas attendu pour nous dicter ce qui doit faire notre bonheur. Personne ne s’aviserait de faire le bien au nom du mal, mais vous, ce qui vous caractérise, c’est que vous prenez un malin plaisir à faire le mal au nom du bien ! »
La campagne, ses odeurs, ses bruits et ses coutumes vous indisposent ! Qu'à celà ne tienne, vous pouvez toujours la quitter pour aller imposer vos idées saugrenues et vos lois idiotes ailleur !
A bon entendeur salut !
GéGé
** Bobet ** Expression du patois du Canton de Vaud en Suisse, voulant dire en équivalent français : "idiot du village", "simplet".
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